Interviews de Jean Charles Gaudin,
scénaristes des series Marlysa, Garous, Galfarek et Les Arcanes du midi minuit



Galfarek

1) Tout d' abord merci de m' accorder cet interview, pouvez vous vous présenté brievement, votre parcours, inspirations, etc...
Avant de commencer la BD, j'ai écrit et réalisé plusieurs courts métrages. La plupart ont reçu des prix ou ont été sélectionnés dans des festivals comme le prestigieux festival de Clermont Ferrand.
J'ai aussi participé à un stage de scénario initié à l'époque par Bertrand Tavernier.
Comme le court métrage ne nourrit pas son homme, j'ai exercé la profession de comptable et ce durant de trop nombreuses années. C'est lors d'une projection d'un de mes films, où j'avais invité Crisse (Atalante), que celui-ci m'a proposé de faire du scénario pour la BD. Cette idée me tentait déjà depuis un moment, mais je passais le plus clair de mon temps à préparer mes courts.
Très vite, il m'a fait parvenir un dossier : celui de Jean-Pierre Danard. J'étais estomaqué par le talent de ce dessinateur et notre collaboration a commencé sous l'oeil attentif de Crisse.


2) Pourquoi avoir choisie la BD pour raconter vos histoires ?

L'image est pour moi très importante. Bien souvent, je me suis demandé si je n'allais pas écrire un roman mais je me suis vite aperçu que j'avais besoin du support image. J'adore le cinéma depuis mon enfance et c'est un régal que de pouvoir apporter des émotions aux gens via un scénario et des images.
Le problème du cinéma, c'est son coût. La BD permet toutes les fantaisies possibles sans problème de budget (Évidemment, pour le dessinateur il faut beaucoup de patience). A l'époque, Crisse m'avait dit "Tu fais un film tous les deux ou trois ans et tu as visiblement plein de choses à raconter, alors attaque la BD !" J'ai suivi son conseil.


3) Parlons de la serie Malysa, celle qui vous a d' ailleur fait connaître, d' où est venu l' idée de cette heroine masqué ?
J'avais déjà cette idée d'Héroïne masquée depuis un moment. Depuis quelque temps, je participais à une rencontre mensuelle avec des dessinateurs et scénaristes en devenir. A l'époque, nous nous réunissions au "Pichet", un bar de la Roche sur Yon.
J'étais entré en contact avec un dessinateur qui avait fait des essais sur Marlysa dans un registre beaucoup plus réaliste. On aurait dit un Conan au féminin. C'était vraiment intéressant.
Pour l'histoire du masque, ça m'intéressait de retrouver cette tradition du héros masqué à la différence près que le héros devait le porter constamment.
C'était le point sensible : Créer une série avec pour titre le nom de l'héroïne, dans un registre (la fantasy) au lectorat le plus souvent masculin et qui plus est avec une femme masquéeS Maintenant que la série marche, ça paraît évident mais à l'époque, c'était loin d'être gagné. D'autre part, avec Jean-Pierre, nous voulions intéresser le public féminin et je crois que nous y sommes arrivés au vu des files d'attentes dans les festivals.

Marlysa

4) On peut lire a la fin de 4ème tome : ' suite et fin du cycle des origines au prochain episode '
Ce premier cycle fait donc usage d' introduction ?

Je ne sais pas si on peut parler d'introduction. Je voulais surtout créer une sorte de légende autour de cette jeune fille qui, à la fin du cycle des origines, allait devenir une femme. Je crois d'ailleurs que le lectorat féminin a tout de suite compris cette direction. Avec Jean-Pierre, il n'était pas question de faire durer ses origines sur des dizaines d'albums. Nous voulions une conclusion à ses origines autour du cinquième album.
La suite de Marlysa devrait surprendre. Il s'agira de raconter une aventure en un ou deux albums. Il y aura un autre mystère autour de Marlysa.

Marlysa


5)Le visage de Marlysa serat revelé lors de la sortie du prochain album, comment envisagez-vous la reaction des lecteurs ?
Pour le visage de Marlysa, je m'attends à des réactions très variées. Certains seront satisfaits, d'autres se croiront floués.
Il en est ainsi de tous les mystères puisque les fantasmes sont toujours plus forts que la réalité. J'ai surtout basé la révélation sur une séquence surprenante. Je crois que ça plaira beaucoup à certains tandis que d'autres voudront me frotter les oreilles. Ca ne devrait pas laisser indifférent en tout cas.

6) Pourquoi avoir attendu 5 tome avant de le dévoiler ?
Parce que 10 albums là-dessus, c'était trop long et que moins de 5, c'était trop court. Marlysa porte ce masque durant toutes ces années. Je ne pouvais pas dévoiler son visage en deux albums. Vivre avec un truc pareil sur le visage n'est pas sans conséquence sur votre mental. Je voulais que l'on côtoie Marlysa avec ça. D'autre part, le masque est un peu le pendant de la maturité. Il était normal qu'elle grandisse avec et qu'elle l'accepte pour mieux intégrer ses origines.

7) Tous vos albums sont orienté fantastique, est-ce votre domaine de prédilection ?
J'adore le fantastique. C'est le genre qui m'a donné envie de raconter des histoires que ce soit pour le cinéma ou la BD. Il n'empêche que tous les genres m'intéressent. Je veux seulement essayer d'émouvoir les gens, leur apporter du divertissement par l'intermédiaire de personnages attachants.


8) Avez vous d' autres projet a réaliser, ou en cours de réalisation ?

J'ai une série en cours intitulé : L'OMBRE DU CINEPHAGE". Cela se passe aux Etats-Unis, de nos jours. Il s'agit de l'histoire d'un fondu de cinéma qui va rencontrer un vieux réalisateur de films fantastiques. Progressivement, l'histoire va nous plonger dans le fantastique viscéral. J'adore cette histoire qui sera divisée en trois albums. C'est un fantastique psychologique qui devrait déranger.
J'envisage aussi une suite à GAROUS. C'est en discussion avec Defali en ce moment. Il y a un autre projet CONSORTIUM qui est panne de dessinateur mais je tiens beaucoup à cet univers d'anticipation décrivant les ravages d'une guerre. Ca devrait se remettre sur les rails très bientôt.
Il y a aussi un KOOKABURRA qui racontera la terrible mission de Skullface durant laquelle il perdra son visage. En automne, Frédéric Peynet commencera LE FEUL, une série fantasy en deux albums à connotation écologique. "Marlysa" et "les arcanes du midi-minuit" continueront. Le dernier tome de GALFALEK commencera en début 2004.
Il y a d'autres choses en préparation mais c'est encore trop tôt pour en parler. Quant au cinéma, il y a là aussi des projets dont la sortie prochaine de mon moyen métrage intitulé : SENS UNIQUES.

9) Quels sont vos auteurs de référence ? Vos BDs préféré ?
En BD, j'adore des scénaristes comme Brunschwig. Son travail sur "Le pouvoir des innocents" est exemplaire. Je suis sensible aux univers de Corbeyran. Je ne suis pas très SF, mais le travail de Morvan m'intéresse.
J'aime aussi la structure de Van Hamme. Il y en a pas mal d'autres : Chauvel, Davodeau, Larcenet etc. J'aime tous les genres et je peux prendre du plaisir à lire Crisse, Gibrat ou David B. Pour moi, c'est l'émotion qui compte. En vrac, je dirais que j'adore aussi Alan Moore, Frank Miller.

10) Y a t-il des auteurs avec lequels vous auriez aimé travailler ?

! Comme beaucoup, j'aimerais travailler avec Marini, Rossi, Gibrat, Vicomte, Griffo, Varanda, Tarquin etc. Il y a tant de grands talents.
Et enfin, je suis heureux de travailler avec Danard, Trichet, Defali, Biancarelli, Gnoni, Peynet, Briones.

Encore merci de m' avoir accordé cet interview
A bientôt !

Jean-charles Gaudin

Garous

 




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